Propositions
Effective change strategies for the Great Transition Stratégies pour la grande transition
Détails de la proposition
Contexte

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Cinq leviers de changement pour les organisations de la société civile

 

Introduction

 

Selon le rapport « Planète Vivante » (édition 2010) publié chaque année par WWF, l’empreinte écologique des activités humaines dépasserait de 50% la biocapacité de la Terre, soit 20 points de plus que deux ans auparavant. La dégradation progressive des écosystèmes de la planète, qui fournissent la nourriture et l’eau potable nécessaires à la vie humaine, est directement liée à l’augmentation rapide de la demande en ressources naturelles d’une partie de la population mondiale dont la richesse matérielle et le pouvoir d’achat connaissent une croissance sans précédent. En parallèle, le fossé entre riches et pauvres se creuse dans de nombreux pays, et des milliards de personnes continuent à vivre au-dessous du seuil de pauvreté.

 

L’objectif de ce rapport | Partout dans le monde, un grand nombre d’organisations de la société civile (OSC, civil society organisations ou CSOs en anglais) combattent d’arrache-pied et souvent avec succès les problèmes environnementaux et sociaux ; et pourtant, le monde poursuit un développement profondément insoutenable. La situation s’est même empirée de manière dangereuse à de nombreux égards. D’après Gustave Speth (2008:78), « nous avons gagné de nombreuses batailles, mais nous sommes en train de perdre la planète. Il est important de se demander pourquoi. »

 

Ce rapport cherche à stimuler le débat entre dirigeants d’OSC, experts, financeurs et chercheurs universitaires sur la pertinence des stratégies actuelles des organisations de la société civile. Il s’agit d’identifier les faiblesses de ces stratégies et de proposer, grâce aux apports théoriques et pratiques divers, un certain nombre de leviers dont les OSC pourraient se servir pour développer des stratégies plus à même de relever la crise globale du développement.

 

Le diagnostic ci-après s’appuie surtout sur l’observation des grandes OSC spécialisées dans la protection de l’environnement et le développement international, et le même vaut pour les conclusions et les recommandations. Cependant, a société civile ne parviendra à résoudre la crise du développement qu’en établissant une collaboration à grande échelle, allant des petites associations et des mouvements locaux jusqu’aux grands réseaux internationaux, en passant par d’autres « familles » de la société civile comme les groupes religieux et les syndicats. Par conséquent, nous essayons également d’inclure ces acteurs dans notre réflexion.

 

Le projet « Smart CSOs » | Ce rapport est le fruit de discussions et de travaux de recherche entrepris dans le cadre du projet Smart CSOs, une communauté de pratique composée de dirigeants d’organisations de la société civile, d’universitaires et de financeurs qui veulent permettre aux OSC d’induire un changement plus profond en vue d’une transition vers une société et une économie durables.

 

Ce projet, qui débuta dans le cadre du projet « Action Town2 » financé par la Commission européenne, a été géré par WWF-UK avec le soutien du CSCP. Les discussions ont débuté lors d’un atelier organisé à Wuppertal en Allemagne, en mars 2010, et se sont poursuivies sur la plateforme Internet « Smart SCOs ».

 

1. Repenser l’action des organisations de la société civile

 

Changement climatique, crises alimentaires, sécheresses, manque de ressources et pauvreté sont autant d’aspects d’une même crise, celle d’un développement mondial devenu insoutenable. Si le développement économique a permis d’améliorer les conditions de vie de millions de personnes, la planète atteint ses capacités de fournir les ressources nécessaires et d’absorber ensuite les déchets produits. Cette évolution affecte de manière disproportionnée les populations les plus pauvres et les communautés les plus vulnérables – alors que, dans le même temps, une part croissante de la population mondiale adopte des modes de vie qui épuisent de plus en plus les ressources naturelles et mettent les écosystèmes sous pression.

 

Il s’agit là de problèmes pernicieux, c’est-à-dire de questions « très complexes, où l’incertitude est extrême, les enjeux énormes et les complications fréquentes » (Rotmans et Kemp 2003:7). Nous ne changerons pas la donne en traitant les [symptômes que sont le changement climatique, la déforestation, la désertification, l’empoisonnement des sols, de l’eau, et l’air, etc.] comme des problèmes distincts. Il faut s’attaquer à leurs causes culturelles profondes ” (Sacks 2009).

 

Il est souvent impossible de trouver des solutions au niveau local, puisque les causes et les conséquences de problèmes comme le changement climatique et la dégradation de la biodiversité sont internationaux et intergénérationnelles, reliant les pays développés aux pays en développement, mais aussi les générations vivant aujourd’hui aux générations futures. Ce qui plus est, les approches linéaires conventionnelles butent sur la complexité des boucles de rétroaction au sein du système, comme dans le cas des effets de rebond où les résultats positifs initiaux sont annulés par des effets secondaires qui se manifestent ultérieurement (Jackson 2010:62).

 

Aussi, les enjeux sont liés entre eux à l’échelle du système, de sorte que la solution à un problème donné finit souvent par générer un d’autres problèmes ailleurs. Par exemple, si l’agriculture intensive veut répondre à la malnutrition et à la faim dans le monde, elle rend aussi les sols stériles et augmente les émissions de gaz à effet de serre. Il n’est clairement plus possible de traiter la crise du développement mondial en se concentrant sur des symptômes et des enjeux individuels. Les problèmes pernicieux nous obligent de repenser en profondeur le fonctionnement de l’économie, du système politique et de la société. Les défis étant complexes et liés entre eux, les réponses doivent refléter cette complexité. Il y a lieu à se demander si les acteurs du système économique, dont les OSC, apportent des réponses adaptées.

 

Propositions et résumés

Sommaire

 

  • 1. Repenser l’action des organisations de la société civile
    • 1.1  Crises systémiques mondiales
    • 1.2 Les blocages au niveau du pouvoir public, des entreprises et des individus
    • 1.3 Stratégies actuelles des organisations de la société civile
    • 1.4 Un projet nouveau et des nouvelles méthodes de travail son nécessaires
  • 2. La Grande Transition
    • 2.1 Qu’est-ce que la Grande Transition ?
    • 2.2 modèle de changement systémique Un
  • 3. Cinq leviers de changement pour les OSC
    • 3.1 Intégrer la pensée systémique dans les pratiques des OSC
    • 3.2 Vers un nouveau récit – travailler sur les valeurs culturelles
    • 3.3 Développement de nouveaux modèles – soutenir les graines de la nouvelle économie
    • 3.4 Un nouveau mouvement mondial – de la fragmentation à la collaboration
    • 3.5 Impliquer les financeurs dans les stratégies systémiques des OSC
  • 4. Les pas suivants

 

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